Un chasseur alpin français tué par un tir de roquette sur son blindé en Afghanistan
PARIS (AFP) – Un caporal du 27e bataillon de chasseurs alpins (27e BCA) a été tué samedi par un tir de roquette contre son blindé lors d’un accrochage avec des insurgés dans l’est de l’Afghanistan, a annoncé l’état-major des armées à Paris.
Le soldat a été tué au cours d’une opération engagée dans la matinée par un bataillon de l’Armée nationale afghane (ANA) et 400 militaires français dans la vallée d’Alasay, au nord-est de Kaboul, a déclaré à l’AFP le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l’état-major.
Ce nouveau décès porte à 26 le nombre de militaires français morts en Afghanistan depuis l’arrivée des premiers contingents en janvier 2002.
Le président Nicolas Sarkozy a fait part de sa « vive émotion », s’associant « à la douleur de sa famille et de ses proches », a déclaré l’Elysée dans un communiqué.
Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a exprimé « sa peine la plus vive et sa grande reconnaissance à l’égard de ce militaire français qui a fait don de sa vie dans l’accomplissement de la mission ».
« Alors que la nuit était déjà tombée, un insurgé a tiré un roquette anti-char sur un véhicule de l’avant blindé français dont le conducteur, un caporal du 27 BCA, a été tué », a précisé le commandant Prazuck.
Selon lui, une demi-douzaine de soldats afghans ont également été blessés dans des accrochages qui se sont prolongés tout au long de la journée et un autre soldat français a été très légèrement blessé.
L’opération qui visait à « reprendre le terrain tenu par les insurgés » était soutenue par « d?importants moyens aériens de la coalition, drones Predator, chasseurs A10 et F15 et hélicoptères Kiowa », a encore précisé le commandant Prazuck.
Les insurgés « bousculés dans leurs sanctuaires, ont très probablement subi des pertes importantes », a-t-il assuré.
Arrivé fin novembre dans l’est de l’Afghanistan pour succéder aux parachutistes du 8e RPIMa, le 27e BCA d’Annecy (sud-est) constitue l’ossature du contingent de quelque 700 soldats français déployés en renfort depuis l’été en Kapisa, une province montagneuse.
Ils tiennent les « bases d’opérations avancées » de Tagab et Nijrab, aux côtés d’éléments américains et de l’ANA. Située entre ces deux bases, la vallée d’Alasay a été à plusieurs reprises le théâtre de violents combats depuis l’arrivée des chasseurs alpins.
La France compte quelque 2.800 soldats sur le sol afghan, déployés au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan.
Samedi, un soldat britannique a également été tué samedi en Afghanistan, victime d’une explosion alors qu’il effectuait une patrouille dans la province méridionale d’Helmand, considérée comme un sanctuaire des talibans.
Ceux-ci, chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, ont intensifié leur insurrection ces deux dernières années, frappant jusqu’au coeur de la capitale Kaboul pourtant très protégée par les forces afghanes et étrangères.